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Francis Joyon / IDEC

Son nouveau trimaran a la carrure et la puissance pour relever les plus grands challenges océaniques. Il est un Francis Joyon de carbone, dénué de tout compromis et de toute fioriture, bâti pour l’essentiel et l’efficacité maximum. Et si le sport de voile, à l’heure de la Coupe de l’America, se conjugue volontiers à tous les temps de la sophistication technologique, Francis Joyon préserve à travers lui et avec un naturel en tous points désarmant, une approche toute en pragmatisme et recherche en bon sens et en performance vélique. 18 mois après l’épisode Shakespearien d’un fabuleux record de l’Atlantique immédiatement doublé d’un naufrage crève-cœur à Penmarc’h, Joyon est de retour, plus « force tranquille que jamais », ses yeux bleus rivés aux confins d’inaccessibles horizons.
Traverser l’Atlantique seul sur un voilier en un peu plus de 6 jours, trouver au plus profond de soi-même force et confiance pour parcourir sur le fil des vagues près de 5 000 kilomètres d’océan, toucher le Graal des records les plus absolus, 543 milles en 24 heures, puis voir sa fidèle monture exploser littéralement sur les rochers bretons... telle est l’histoire qui dans tous ses excès raconte Joyon. Rien chez ce marin n’est de taille commune aux sportifs, fussent-ils les plus crédités au box office des audimats télévisuels. Sa gentillesse, son regard clair et franc offrent un contraste saisissant avec la force d’une silhouette que l’on devine taillée pour dompter le plus raide des multicoques. Mais que saisissons nous vraiment de la force qui anime ce navigateur hors norme et le pousse à rechercher sans cesse de nouvelles limites à dépasser sans se départir jamais d’un crédo déconcertant de simplicité : « Je m’adapte à la rusticité ». Est ce donc cela le grand Sud, parallèles hurlants et rugissants ? Un peu de « rusticité » à chevaucher 70 jours durant un monstre de carbone. Francis l’a déjà fait. Dame Ellen a fait mieux encore. Le pari par essence insensé dépasse plus que jamais l’entendement du commun des terriens.
Le nouvel IDEC est un géant à la mesure d’un skipper taillé à vif dans l’exception. Le scénario est en place. L’histoire continue...

Palmarès
Record de la traversée de l’Atlantique en solitaire (New York – Cap Lizard)
6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes (record valide à ce jour).
Record des 24 heures en solitaire
542,7 milles parcourus (record valide à ce jour).
Record de la Route de la Découverte (Cadix – San Salvador) en solitaire
11 jours, 3 heures, 17 minutes et 20 secondes (amélioré depuis par Thomas Coville)
Record du tour du monde absolu en solitaire
72 jours, 22 heures, 54 minutes et 22 secondes (amélioré depuis par Ellen MacArthur)
Vainqueur du 76ème Fastnet sur Eure et Loir
Record du tour de l’île de Wight
3 heures, 10 minutes et 11 secondes.
Vainqueur de la Transat Europe 1 - Newman Star sur Eure et Loir
Record de la course en 9 jours 23 heures 21 minutes
6ème de la Route du Rhum
2ème de la Route des Phares
4ème de la Transat Jacques Vabre
2ème du Grand Prix du Port de Fécamp
4ème dans la Course de l'Europe
5ème du Championnat des Multicoques
2ème de Québec-St Malo
3ème de l'Open UAP sur Banque Populaire
2ème de la Transat Jacques Vabre
3ème de l'Open UAP
3ème de la Route du Café
3ème de la Route du Café
5ème de l'Open UAP sur BPO
10ème de la Route du Rhum sur BPO
3ème de la Route de la Découverte sur J.B. Express

Descriptif technique
Longueur hors tout : 29.70 m
Longueur flotteurs : 24.5 m
Largeur : 16.5 m
Poids : 11 t
Surface de voilure au près : 350 m2
Surface de voilure au portant : 520 m2
Hauteur de mât : 32 m
Chantier : Marsaudon Composites Lorient
Mât et bôme : Lorima
Appendices : Gepeto
Calculs : Hervé Devaux
Voiles : Incidence Brest
Conception : Le challenge de la simplicité.
Dans le monde du multicoque de compétition, le nom de Nigel Irens sonne comme une griffe, un gage d’élégance et de performance... Aujourd’hui associé à Benoît Cabaret, l’architecte britannique a en effet signé les plans d’une armada de vainqueurs, au nombre desquels on retiendra le trimaran Eure & Loir, qui permit à Francis Joyon de s’octroyer une éclatante victoire lors de la Transat Anglaise en 2000. Il était donc naturel, pour le marin de Locmariaquer, de se tourner vers ce grand spécialiste envers qui, par ailleurs, il porte une grande estime.
Ostar, Trophée Jules Verne, Route du Rhum… Autant d’événements prestigieux lors desquels se seront illustrés les « racers » de Nigel Irens. Le plus breton des architectes anglais, qui fit ses classes à la fin des années 70 en compagnie d’autres pionniers du multicoque, est devenu une véritable référence, que ce soit dans l’univers du 60 pieds ou sur le créneau du maxi hors-jauge. Récemment, c’est naturellement le trimaran d’Ellen MacArthur qui a le plus fait parler de lui, en battant précisément le record de Francis Joyon autour du monde ! Pour le navigateur, il était doublement naturel de se tourner vers le savoir-faire et l’expérience de Nigel Irens.
Depuis 1997, ce dernier est associé sur certains projets à Benoît Cabaret, qui s’est formé à la fameuse école d’architecture navale de Southampton. «Nigel a l’expérience et l’intuition, explique Benoît, j’apporte une approche plus scientifique et les derniers outils en date.» La première collaboration entre les deux hommes a vu le jour sur le projet du trimaran La Trinitaine de Marc Guillemot, puis s’est poursuivie avec la génération suivante de 60 pieds (Fujifilm, Bayer, Sergio Tacchini). Nigel et Benoît ont ensuite travaillé avec l’équipe d’Ellen MacArthur à la conception du trimaran de 75 pieds, avec le succès que l’on connaît.
Le maître mot : La simplicité.
Le cahier des charges proposé par Francis Joyon au duo Irens-Cabaret était clair et argumenté autour d'un maître mot bien à l'image de son auteur : la simplicité. Le défi d'adapter à un homme seul, quand bien même s'appelât-il Francis Joyon, une machine aux dimensions capables de relever le pari ultime qui consiste à tourner le plus vite possible autour de la planète avec la seule force du vent a séduit Nigel Irens et Benoît Cabaret, déjà créateurs et concepteurs du Castorama de Dame Ellen MacArthur. En s'appuyant sur cette expérience probante, les deux architectes ont décidé de pousser encore plus loin le concept d’allongement maximum de la longueur à la flottaison tout en restant raisonnable sur la puissance du bateau afin qu’il puisse être géré par un homme seul.
Il en résulte trois longues coques avec une coque centrale encore plus longue que les flotteurs.
L’imagination des architectes Nigel Irens et Benoît Cabaret a eu pour seule limite de devoir créer un trimaran capable de battre l’époustouflant record d’Ellen MacArthur (71j et 14h) tout en restant contrôlable par un seul homme. De ce subtil équilibre entre puissance et sécurité, le nouvel IDEC est né, avec ses formes originales et ce long nez à la Cyrano de Bergerac permettant de gagner en vitesse, en stabilité longitudinale (meilleures performances aux allures portantes) et en efficacité dans le passage dans la mer.
«Le grand défi en ce qui concerne la conception d’un trimaran sans limite pour un solitaire est de déterminer quelle est la meilleure utilisation qui peut être faite d'une puissance qui est limitée par les capacitées physiques d'un homme seul.
Cette puissance vient de la largeur du trimaran - plus il est large, plus il est puissant - mais un na vigateur en solitaire ne peut pas exploiter cette puissance, nous avons donc opté pour un trimaran plus étroit offrant moins de puissance - mais en obtenant en contrepartie d'importants gains de poids.
La construction d'une coque plus longue a peu d'influence en termes de poids (ou de puissance), mais une coque plus longue, qui est à la fois plus étroite à la flottaison réduit la traînée (résistance à l’avancement) et permet au bateau de faire face aux mers déchaînées que l'on rencontre surtout dans les Mers du Sud.
Francis Joyon a toujours préféré opter pour la légèreté et la simplicité plutôt que de choisir des solutions plus puissantes et plus lourdes. IDEC est l'incarnation même de cette philosophie. Il a écarté les gadgets pour obtenir plus de vitesse économisant ainsi quelques kilos, et ce qui manque au bateau au niveau de la technologie devrait être plus que compensé par la détermination, la force et les talents de ce grand marin qu'est Francis Joyon.»
«Le grand challenge du cahier des charges précisé par Francis était la simplicité. Toutes les fonctions vitales du trimaran devaient être traitées selon ce mot d'ordre, tant au niveau du plan de pont, de l'accastillage que des aménagements intérieurs. IDEC n'aura ainsi pas de winches dédiés à une seule fonction. La quantité d’accastillage et de système est limitée au strict minimum avec une incidence directe sur le poids total du bateau. Seul Francis Joyon peut naviguer ainsi. Francis ne voulait pas du "tout technologique", qui a un prix : le poids.»
La coque centrale offre 3 niveaux : le cockpit de manoeuvre, le poste de veille (vigie et écoutes a portée de main) et la partie navigation, avec table à carte et couchette qui permet de vraiment récupérer dans les périodes de non stress, avec cependant des répétiteurs et alarmes...
L'espace de vie est sans compromis et pas plus "cozy" que n'était le premier IDEC, avec aucune concession au froid... pas de chauffage ni séchage, pas de moteur thermique donc pas de possibilité de chauffer le bateau.
Par ailleurs, Francis a choisi d’avoir un seul safran et un seul poste de barre, pour aller dans le sens de la simplicité du cockpit.
