Parcours
Route de l'Or (New York -> San Francisco)
La “Route de l’Or”, entre le centre économique le plus important de la côte est des USA et la ville des pionniers du grand ouest, a fait l’objet d’une féroce compétition de la part des armateurs, malgré son caractère extrêmement dangereux. Aujourd’hui encore, affronter ce parcours n’est en aucun cas une entreprise anodine : le Cap Horn veille…
Les fameux « 49ers » (Forty Niners), nom donné aux candidats à la conquête de l’ouest ayant forgé la légende de la ruée vers l’or de 1849, ne se doutaient pas que l’épisode allait considérablement marquer l’histoire maritime. Car même si le voyage par mer était long et ardu, il était jugé préférable par les armateurs, la traversée des grandes plaines sauvages peuplées d’indiens hostiles n’étant pas de tout repos. Les grands clippers vont donc s’affronter sur le parcours New York – San Francisco, et les unités les plus prestigieuses sont lancées à cette époque : Flying Cloud est ainsi mis à l’eau en 1851, et détiendra pendant près d’un siècle et demi (135 ans précisément), le meilleur temps sur cette route avec 89 jours et 8 heures ! Peu à peu, tout comme cela s’est passé sur l’Atlantique, la route tombe en désuétude, et il faudra attendre que certains passionnés de compétition se lancent dans l’aventure pour voir le record tomber. Warren Lhurs (USA) améliore le temps de Flying Cloud en 1989, et les records s’enchaînent ensuite sur ce parcours : Philippe Monnet en solitaire, Isabelle Autissier sur son monocoque Poitou-Charente, puis Yves Parlier en 1998, lorsqu’une course commémorant la découverte de l’or californien est lancée. Sur Aquitaine Innovations, Parlier et son équipage ont rallié San Francisco après 57 jours 3 heures 21 minutes et 45 secondes. Enfin, les grands multicoques vont commencer à s’intéresser à ce parcours. C’est le cas du géant GITANA 13 (ex-Orange I) emmené par Lionel Lemonchois et son équipage qui vont établir, le 28 février 2008, un nouveau temps de référence en équipage, reliant New York à San Francisco en 43 jours et 38 minutes
Le Parcours
De l’Atlantique au Pacifique via le Cap Horn, tout un programme… Environ 15 000 milles de navigation à travers des systèmes météo complexes et des conditions de mer potentiellement détestables. Le courant du Labrador et le Gulf Stream peuvent jouer un rôle important dans la descente vers le sud, conditionnée par la traversée de la zone de calmes inter-tropicaux. L’alizé de sud est doit être « attrapé » le plus vite possible, afin de parvenir rapidement aux 40e rugissants, où le vent passe à l’ouest : les navigateurs se retrouvent donc avec des vents contraires, ce qui explique pourquoi on parle alors de passage « dans le mauvais sens ». Dans les 50e hurlants, la situation se dégrade, et les vents violents s’associent à une mer furieuse (contraire elle aussi), conditionnée par la brusque remontée des fonds marins. La remontée de l’Atlantique une fois le Cap Horn franchi reste une portion délicate dans la mesure où la mer est très mauvaise aux abords des côtes chiliennes, notamment dans la région des « Magellanes ». On rattrape ensuite, au niveau des 40°S, les alizés de sud est du Pacifique : il ne reste alors plus (en théorie) qu’à négocier le passage équatorial et ses calmes, avant de viser la baie de San Francisco…
Tableau historique des records
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