jeu 27 jan 2005
Tour du monde en solitaire : MacArthur retrouve l'hémisphère nord avec un nouveau temps de référence
27 01 2005
Et un temps de référence de plus pour Ellen MacArthur ! Après avoir été la plus rapide à basculer dans l'hémisphère Sud, puis à franchir les trois caps mythiques de son tour du monde en solitaire (Bonne-Espérance, Leeuwin, Horn), la navigatrice anglaise a signé un nouveau meilleur chrono, cette fois-ci entre Ouessant et l'équateur dans le sens sud-nord en retrouvant l'hémisphère Nord jeudi à 22h45 après 60 jours, 13 heures et 35 minutes.
Une fois de plus, le temps de passage de Francis Joyon un an plus tôt est battu, puisque le skipper d'IDEC avait mis un jour 10 heures et 50 minutes pour rebasculer dans le Nord. Elle aura mis 51 jours 19 heures et 15 minutes pour couvrir un tour du monde si l'on prend comme points de départ et d'arrivée l'équateur, là encore nouveau record en la matière !
Comme il est de coutume lorsqu'on change d'hémisphère, la jeune femme s'est fendu d'un présent au dieu romain de la mer, Neptune: "Je lui ai offert un petit objet en argent que j'avais autour du coup depuis longtemps. C'est un joli cadeau car pour la dernière ligne droite, il va nous falloir beaucoup de chance pour battre le record…"
Ce record autour du monde de 72 jours 22 heures et 52 minutes est plus que jamais à la portée de la lauréate de la dernière Route du Rhum, d'autant que le Pot au noir ne s'annonce pas bien actif. D'ailleurs, jointe ce vendredi matin par son équipe à terre, Ellen MacArthur se demandait si elle n'en était pas déjà sortie: "Je n'en suis pas totalement certaine mais nous avons entre 14 et 16 nœuds de vent depuis quelques heures, venant du 30… C'est surprenant que nous ayons autant de vent. Il me semble qu'on en soit sorti plus tôt que prévu mais pas d'euphorie… D'après les fichiers, nous en avions encore pour 200 milles, mais peut être le Pot au noir s'est-il décalé dans le sud pendant la nuit… Je suis très nerveuse car souvent, on pense en être sorti mais on ne l'est pas… alors, je m'applique."

"Notre destin entre les mains de l'anticyclone"
Et ça, la jeune skipper sait bien faire, elle l'a prouvé depuis deux mois et son départ d'Ouessant le 28 novembre. Ce passage d'équateur et son avance d'un jour et demi sur IDEC viennent en tout cas à point nommé pour réconforter la Britannique qui a connu maints tourments dans l'Atlantique Sud. Ralentie par des conditions météo complexes, victime d'une casse de chariot de têtière de grand-voile qui l'a contrainte à une périlleuse réparation en altitude, elle a même concédé une demi-journée de retard sur Francis Joyon le 25 janvier, alors qu'elle avait franchi moins de deux semaines plus tôt le Cap Horn, forte de plus de 4 jours d'avance !
Mais il en fallait plus pour décourager la capitaine de bord du trimaran Castorama qui a désormais les yeux tournés vers la remontée finale dans l'Atlantique Nord et notamment vers l'anticyclone des Açores, le dernier gros obstacle météo qui se dressera devant elle. "Si l'anticyclone va bien, on a des chances de battre le record… Notre destin est entre les mains de l'anticyclone."
Pour battre le record de Francis Joyon, Ellen MacArthur doit couper la ligne d'arrivée de son tour du monde entre Ouessant et le Cap Lizard avant le 9 février, 8h04, heure française. Si elle y parvient, elle méritera bien un accueil triomphal à Falmouth, port du sud de l'Angleterre d'où elle a appareillé fin novembre dernier.
