ven 12 dec 2003

Tour du monde en solitaire : Nouveau temps de référence au cap de Bonne Espérance !

12 12 2003
© F. Joyon / DPPIPas mécontent de son coup, "Speedy Joyon". Et à juste titre... Passer Bonne-Espérance après 19 jours, 20 heures et 30 minutes en solo, voilà qui en dit long sur la détermination et la finesse d'analyse météo du skipper. "J'ai envoyé une position à Claude Breton, du WSSRC, lors de mon passage du cap, histoire d'enregistrer un temps de référence". Et il y a de quoi : seul à bord et sans routeur, Francis s'intercale entre l'actuel et le précédent détenteur du Trophée Jules Verne sur cette portion du parcours !

"Ne t'étonne pas si je raccroche d'un coup. Il se peut que je doive cavaler dehors, même si j'ai pris un ris avant de descendre te parler, je suis dans un temps à grains et ça monte vite". Visiblement, l'homme est aux aguets mais aucune inquiétude n'est décelable dans sa voix — on y trouverait plutôt de l'excitation. "J'ai barré ce matin, le bateau marchait à 25 — 26 noeuds, c'était vraiment sympa... En fait j'étais parti dans l'idée de gérer les choses un peu plus calmement, mais quand le bateau veut aller vite, c'est difficile de le brider ! D'ailleurs je vois le speedo grimper à 26 — 27 noeuds, il doit y avoir un petit grain, il est temps que je monte sur le pont, je rappelle dans 3 minutes".

Salut, l'Indien


Ainsi va la vie à bord d'IDEC, lancé tambour battant dans la grande "machine à laver" du Sud, et de cet océan Indien que Francis aborde avec "respect, humilité et aussi une appréhension, celle de l'inconnu". Cet inconnu qui précisément lui a fait larguer les amarres le 22 novembre dernier, à la faveur d'une fenêtre météo qui, pour étroite qu'elle ait pu apparaître à l'époque, se révèle aujourd'hui très payante. "J'ai eu de bonnes conditions, ce qui m'a permis d'arriver si vite jusqu'ici. Mais c'est vrai que je n'ai pas molli non plus. Par rapport au tableau de marche de Michel Desjoyeaux (le record en solo autour du monde), je conserve environ 10 jours d'avance, je reste cohérent dans ma progression. Pour l'heure, j'ai mis un peu de nord dans ma route pour me positionner sur l'avant d'une belle dépression qui est centrée vers les 45°S. Si je me fais rattraper, la mer devient dure et ça m'oblige à beaucoup ralentir, je perds 10 noeuds de vitesse, sans parler du fait que c'est moins agréable et risqué pour le matériel". Tout le jeu va donc consister à régler son allure et son cap en fonction de ce phénomène météo... "Dans l'immédiat, je devrais avoir une petite transition de quelques heures avec un peu moins de vent, ce qui calmerait la mer... pour l'instant, j'ai 4 à 5 mètres de creux, et ça déferle quand le vent forcit sous les grains ». Ajoutez à cela un ciel chargé, des albatros en pagaille : le Sud, le vrai.

© F. Joyon / DPPI

Fiches pratiques...


"J'ai reçu les informations de Vincent Lauriot-Prévost, qui m'explique comment la dérive est construite : je sais maintenant comment je pourrai la réparer, mais pour l'instant, il y a beaucoup trop de mer pour que je la sorte de son puits. Je pourrais la hisser avec une drisse, mais avec les mouvements du bateau elle se balancerait au bout, et c'est quand même un morceau de 200 / 300 kilos !"

Temps comparés Ouessant — Bonne Espérance


. Orange (2002) / Equipage : 18 jours, 18 heures, 40 minutes
. IDEC (2003) / Solitaire : 19 jours, 20 heures, 30 minutes
. Sport Elec (1997) / Equipage : 21 jours, 18 heures, 17 minutes

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